Nos combats se sont arrêtés à la porte de nos illusions. Les indépendances nous ont bercé dans l’espoir et la machine à broyer de nos dirigeants s’est mise en place. De grands marchés ont été passé dans les bureaux feutrés. Des compromis funestes ont consacré l’hégémonie de certaines de nos élites. Dans toute cette histoire, il n’y avait aucun intérêt pour le peuple et les années sont passées dans cette pseudo liberté. Pour nous asservir davantage on nous a servi des guerres, des conflits qui pouvaient simplement se résoudre par le dialogue qui est la culture de notre force. Mais notre réconciliation n’aurait pas nourri les ambitions de nos prédateurs qui n’avaient pas encore fini de se servir.
Les chiffres disent que la population africaine est jeune et c’est tout à fait vrai. Ces enfants, ces jeunes, sont les fils de ceux qui sont tombés pour la liberté. Cette forte jeunesse est le reste des vaillants combattants morts de faim, de soif. Ces exilés morts sur le chemin de leur destin ; ces défenseurs de la liberté oubliés dans les prisons de la calamité. Ce sont ces héritiers sans défense qui fondent mon combat. Ceux qui fuient un continent fort, riche et vaillant pour l’occident. C’est pour ces sans abris à domicile que j’ai décidé d’écrire. Depuis ma naissance je vis sur un continent qui est opprimé et qui a cessé de se battre pour sa liberté parce qu’elle veut d’abord manger. C’est l’orchestration de la colonisation sous sa forme la plus évoluée. Plonger un peuple dans la faim pour le détourner du bon chemin. J’appartiens à cette génération qui a compris la grande forfaiture et qui veut se battre pour débarrasser son continent des ordures qui l’encombrent. Elle veut trouver la luxueuse verdure que ses terres possèdent.
C’est pourquoi chacune de mes lettres écrira, chacun de mes mots parlera, chacun de mes bras combattra, pour que tous ensemble, on y accède.
CASUS


